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La Louvière à la une - Mai 2012

Caméras en ville : des coûts réels, une efficacité douteuse

Pour certains, les caméras installées dans les villes sont un moyen de prévenir la délinquance, voire de l’endiguer. Pour d’autres, ce système de surveillance est l’oeuvre de parfaits liberticides qui ont repris à leur compte le monde d’Orwell. Ce genre de débat est stérile car chacun reste sur ses positions. Abordons donc le sujet de façon plus «détachée» en analysant le cas d’autres villes qui ont déjà mis le système en place.
Si les caméras garantissaient la sécurité des citoyens, Londres serait certainement le lieu le plus sûr au monde (1 caméra pour 12 habitants). Pourtant, selon «New Scotland Yard», ce n’est, hélas, pas le cas. Seuls 3% des délits de rue ont été résolus grâce aux milliards de livres dépensés pour le matériel vidéo déployé sur le territoire. Même à titre préventif, les caméras n’ont pas de rôle dissuasif. En cause, le manque de lumière et l’impossibilité de mettre un policier devant chaque écran de contrôle. Sans compter le manque de coopération des malfrats qui refusent de rester face à l’objectif, quand ils ne moquent pas d’être filmés lors de leurs actes répréhensibles…
Selon une autre étude commandée par… «Le Figaro», les caméras permettraient de faire baisser la délinquance de 20%... A la condition qu’il y en ait 1 pour 2000 habitants et que les délinquants soient interpellés. Sinon, l’effet est contraire : les délits augmentent.
Et le journal de conclure que les caméras permettent aux services de police d’élucider des affaires, mais celles-ci sont peu nombreuses et marginales dans l’ensemble. Alors, à quoi servent-elles ? A rassurer les gens ? A satisfaire les professionnels du secteur dont le business est de plus en plus lucratif ? A faire croire que le politique contrôle la situation ? La croyance dans la technique est une chose.
Mais au fond, rien ne remplacera vraiment une police de proximité visible et une véritable politique de prévention. Dont le coût, finalement, pourrait aisément être couvert par ces millions dépensés pour des machines qu’il faudra acheter, connecter, regarder, entretenir et réparer.

Muriel Hanot
Chef de groupe

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