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La Louvière à la une - Avril 2011

Mobilité : en finir avec les chemins qui ne mènent à rien !


S’il est un mot qui fait sourire à La Louvière, c’est « mobilité ». Que l’on s’essaie à la traversée en voiture du centre ville et de ses alentours, que l’on survive dans des navettes quotidiennes en train, que l’on tâte de l’équipée en bus dans ou hors périodes scolaires, que l’on penche pour le vélo sur les pistes cyclables aménagées de manière intermittente, ou que l’on slalome comme piéton entre trous béants et obstacles divers, la mobilité de la cinquième ville de Wallonie s’apparente à un calvaire sans fin. Les projets, pourtant, ne manquent pas. Du réseau de pistes cyclables au Métrobus Houdeng-La Louvière (tous deux en « construction »), en passant par le contournement ouest de la ville, le plan mobilité pose ici et là, depuis sa première version 2006, les mailles progressives de déplacements plus rationnels, moins chronophages, moins énergivores. Les intentions sont bonnes, certes, mais elles restent bancales par défaut tant il est difficile de rattraper en quelques actions chocs le retard accumulé. Et puis, comment dégorger la ville si des solutions pratiques, confortables et multimodales ne sont pas offertes aux « voyageurs »?

Multimodal, le mot a son importance. Car, penser la mobilité au singulier est une erreur : la mobilité, ce n’est pas choisir entre la voiture ou le bus, le train ou la voiture, le vélo ou la marche à pied. Non, la mobilité c’est bien plus complexe que ça. Au sein de chaque famille, les déplacements s’organisent, se superposent, se succèdent en fonction des activités des uns et des autres : travail, études, loisirs, achats relations sociales, engagements associatifs… Tout aménagement de la mobilité doit donc avant tout comprendre comment et pourquoi les gens se déplacent. Cela est d’autant plus important qu’aujourd’hui les enveloppes budgétaires sont limitées et le changement difficile à apporter dans des espaces urbains construit à une époque où les déplacements n’étaient pas vécus comme un problème.

Identifier les échanges et les besoins est donc nécessaire pour dessiner une carte de transport intelligente qui convienne au plus grand nombre. Par exemple : pouvez-vous vous rendre aisément en bus dans les différents points forts de la ville (gare, école, piscine, théâtre, marchés, hôpital, salle de sport, administration communale…) et ce depuis n’importe quel point de l’entité, et au moment de la journée qui vous convient? La réponse varie: avec le temps (les horaires) et avec les lieux (l’endroit d’où l’on vient). Un habitant de Houdeng qui se rend le samedi matin au marché de La Louvière ne manque pas de possibilités (près de 4 bus par heures, aller et retour) pour un trajet de 10 minutes au plus. Le même habitant qui travaille à Mons met, en semaine, 1 heure pour atteindre sa destination, 45 minutes s‘il combine le bus et le train, 30 minutes en voiture et en train et 30 minutes en voiture. Après 21h, il n’a plus de bus, il reste chez lui, sauf à bénéficier d’une auto, d’un vélo ou d’aimer la marche nocturne! Autre cas, autre galère : ainsi, pour un autre habitant, de Besonrieux ou de Haine-St-Pierre, qui part dans l’équation avec un seul bus toutes les heures et essaie de le combiner avec d’autres horaires (train, travail, rendez-vous…), le compte est vite fait…

C’est pour cette raison que le projet Métrobus Houdeng-La Louvière qui part d’une bonne intention laisse un peu perplexe : qui l‘empruntera, à quelle heure, pour aller où et pour quoi faire? Sans changement d’ensemble dans l‘offre de bus, l’alternative est-elle réelle pour les clients potentiels? Modifiera-t-on leurs habitudes dès lors qu’on ignore sur quels réflexes et besoins elles reposent? Ne vaudrait-il pas mieux une fois pour toute s’inquiéter de ce que chaque ménage louviérois fait de ses déplacements pour lui proposer des aménagements utiles à son quotidien et lui donner de véritables moyens de transport structurants : des moyens de transport dont la desserte est bien étendue, dont la fréquence de passage est élevée, qui assurent de bonnes correspondances, pour lesquels l’acquisition d’un billet est facilitée, ,et qui bénéficient d’un confort similaire ou supérieur à celui qu’offre la voiture…
Des transports qui parce que l’on sait qu’ils serviront à tous plutôt que de faire plaisir à l’un ou à l’autre mèneront là où on veut aller. Tant il est vrai que tant que l’on ne sait pas où l’on va, les chemins ne mènent nulle part !

Muriel Hanot
Chef de groupe Ecolo

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